Portugal : coronavirus et confinement

La pandémie du coronavirus restera un événement marquant de mon expatriation au Portugal. Je tenais donc à écrire un article sur mon confinement au Portugal.
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Début de l’épidémie
Le virus apparaît en Chine à la fin de l’année 2019. Les médias français parlent énormément de la propagation du coronavirus. Je trouve la façon dont ils traitent ce sujet anxiogène. La Chine est un pays de 1,3 milliard d’habitants. Quelques centaines de morts c’est triste mais ça ne représente pas grand chose à l’échelle de ce pays.
En France, le 24 janvier 2020, les premiers cas de coronavirus sont détectés. Le virus met un mois de plus pour arriver au Portugal, le 2 mars. 
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Le 9 mars, on apprend que deux personnes sont atteintes du coronavirus à Portimão, la ville dans laquelle je vis. Quelques jours plus tôt, une famille portugaise revient d’Italie où elle a passé des vacances. Après avoir repris leur train-train quotidien, la mère (professeur dans un lycée) et sa fille sont testées positives au coronavirus.
Rapidement, toutes les écoles de la ville ferment. On apprend ensuite que des proches (dont un collègue de travail qui en décédera) ont aussi été contaminés. 
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Du confinement au déconfinement
Le 13 mars, le gouvernement portugais décide de fermer toutes les écoles, bars et discothèques au niveau national. Il limite les horaires d’ouverture des centres commerciaux et restaurants. Ce jour-là, je passe faire quelques courses après le travail. J’assiste à des scènes hallucinantes : les rayons de produits frais sont à moitié vide et les cadis remplis à ras bord. Les gens sont en mode « c’est la fin du monde ». Je n’ai jamais vu ça.
Entre le 11 et le 18 mars, tout change. On passe d’un « ce n’est qu’un virus saisonnier comme un autre » à « restez chez vous si vous voulez sauver des vies ». Chaque jour, la situation évolue et s’aggrave. Les Etats-Unis ferment ses frontières, puis l’Union Européenne fait de même.
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Le 18 mars, le président portugais décrète l’état d’urgence. On nous conseille de rester chez nous et de faire du télétravail. Le confinement est souple : pas besoin d’attestation, pas d’amende. Presque tous mes collègues se mettent à travailler de chez eux.
Portimão devient une ville fantôme. Seuls les supermarchés et les banques restent ouverts. Le confinement est plutôt bien respecté.
Fin mars, je remarque que des camions sont passés nettoyer les rues à la javel. Les contrôles routiers sont renforcés pour empêcher les Portugais de descendre en Algarve et de contaminer la région qui, pour l’instant, reste peu touchée. Je vois un barrage à l’une des entrées de la ville. C’est vraiment inhabituel tout ce qui se passe. Le Portugal prend les choses au sérieux.
Pour le long week-end de Pâques, qui est une fête très suivie ici, le Portugal ferme tous les aéroports et les règles de confinement deviennent plus strictes. Des camions font le tour de la ville en diffusant un même message « restez à la maison, soyez responsable ! ».
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Le 16 avril, le confinement est de nouveau prolongé jusqu’au 2 mai. Malgré tout, après un mois de confinement, les gens recommencent à sortir. En Algarve, le virus semble avoir disparu donc rester à la maison ne semble plus justifié.
Le déconfinement progressif débute le 4 mai. La mairie de Portimão a envoyé des masques à tout le monde. Il est obligatoire de porter un masque pour entrer dans les commerces. Les collègues sont revenus travailler au bureau. Ça m’a fait bizarre les premiers jours. 
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Mon ressenti
Je me retrouve seule, confinée en appartement. Je continue d’aller au bureau qui se situe à 800 mètres de chez moi. Les rues sont vides. Faire des courses au supermarché devient stressant car il est difficile de respecter la distance minimum d’un mètre entre les gens.
C’est surtout le week-end que le confinement se révèle pesant. Je regarde tous les jours sur internet les chiffres des personnes atteintes du coronavirus en Algarve pour me tenir au courant de l’évolution de la situation.
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Le plus difficile, pour moi, ce n’est pas le confinement en lui-même. C’est de faire une croix sur mes projets, ne pas savoir quand la vie normale pourra reprendre et d’avoir l’impression que le virus est partout.
Je m’étais organisée de super vacances à Cuba et aux Etats-Unis fin avril. Je devais ensuite revenir au Portugal pour faire mes valises et déménager. Tout a été annulé.
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Le Portugal est un petit pays de 10 millions d’habitants. La zone la plus touchée est le nord, autour de Porto, et il y a aussi pas mal de cas à Lisbonne.
Le virus s’est peu propagé en Algarve qui est pourtant une région très touristique de 450 000 habitants. Est-ce parce qu’on est à l’extrémité du continent européen et donc qu’il y a moins de passage ? Est-ce dû à la météo ? Ou au fait que les écoles ont été fermées dès les premiers cas ? Personne ne le sait.

Portugal : évolution du Covid-19
09.03 – 39 cas confirmés
06.04 – 11 730 cas confirmés et 311 morts (7 en Algarve)
04.05 – 25 524 cas confirmés et 1 063 morts (13 en Algarve)
01.06 – 32 700 cas confirmés et 1 424 morts (15 en Algarve)

A l’heure où je publie cet article, la situation est stable bien que le virus soit toujours présent à Lisbonne. La frontière avec l’Espagne est toujours fermée. Les vols internationaux devraient reprendre d’ici la fin du mois. Je n’ai pas l’impression qu’il y aura de seconde vague. 

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