Blues du voyageur – qu’est-ce que je fais là ?

J’ai déjà mentionné sur mon blog que lorsque je voyage loin ou/et seule j’ai souvent un coup de blues les premiers jours. Parfois, j’ai l’impression d’être la seule à ressentir ça … mais peut-être pas, alors j’ai décidé d’écrire un article sur ce sujet.

L’autre réalité du voyage

En 2010, mon aventure au pair commence aux Etats-Unis à Newark pour un stage de trois jours. Je me retrouve à partager une chambre d’hôtel avec une parfaite inconnue qui a déjà son groupe d’amies. Je suis épuisée dû au long voyage et au décalage horaire. Il pleut dehors. J’ai attendu ce jour pendant trois ans et pourtant je me mets à pleurer. Mais qu’est-ce que je fais là ? Quelle folie m’a prise ? Pourquoi avoir quitté mon cocon ?

Trois ans plus tard, l’Inde. Je pars quatre semaines faire du volontariat avec ma meilleure amie. Arrivée chez le couple qui gère l’ONG ils nous disent de nous reposer, qu’on ne prendra le bus pour Jaipur que demain. Allongée sur un lit je me demande une nouvelle fois ce que je fais là. Est-ce que je me suis surestimée en partant faire du volontariat dans un pays si différent ?

Autre continent, la Pologne pour un semestre Erasmus – il y a un an. J’essaye de faire bonne figure face à l’étudiante polonaise qui vient m’accueillir. Dès que j’entre dans mon logement étudiant, seule, je ne peux m’arrêter de pleurer. Ce ne sont pas que des pleurs, c’est une profonde douleur et tristesse. Je n’ai qu’une envie – rentrer chez moi.

Et puis, le mois dernier, je pose mes valises à Toronto pour un PVT. Le lendemain de mon arrivée et pendant les deux premiers jours, je suis extrêmement triste et je pleure. Je ne suis même pas sûre de tenir un mois, je veux retourner en Bretagne.

Et puis ça passe

Comment peut-on avoir autant envie de partir quelque-part, passer des mois à tout préparer et une fois là-bas vouloir être chez soi ? Comment aller mieux ? En parler à quelqu’un ? A qui ? Et si ça ne passe pas ? 

Qui dit voyage loin ou/et seul(e) dit angoisse de prendre l’avion, l’inconnu, la nuit blanche avant de partir et (souvent) un décalage horaire.

Je vois les choses comme ça : en quelques heures de vol mon corps fait des milliers de kilomètres mais mon cerveau a lui besoin de deux-trois jours pour arriver et se mettre en « mode USA/Inde/Pologne/Canada ». C’est arrêter de penser à ce qu’on avait avant et s’adapter à ce qu’on a maintenant. Ne plus tout comparer avec la France.

Il suffit généralement d’une ou deux bonnes nuits de sommeil pour que ce sentiment disparaisse … jusqu’au prochain voyage.

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« Following your dreams isn’t always the easiest path to take in life. But it sure is the most rewarding.  » – Unknown
[Suivre vos rêves n’est pas toujours le chemin le plus facile à suivre dans la vie.
Mais c’est certainement le plus enrichissant.]

Voyages blues

6 Replies to “Blues du voyageur – qu’est-ce que je fais là ?”

  1. Tu n’es pas toute seule ahah moi aussi je suis là depuis presque 4 mois et j’ai ce petit coup de blouse de temps en temps (c’est d’ailleurs comme ça que je suis tombé sur ton blog ahah). J’ai comme l’impression qu’à l’étranger les émotions sont multipliées, quand tu es contente t’es super contente et tout est génial dans ce pays et quand tu es triste c’est tout le contraire et tu repenses à ton pays, ta famille, tes amis.. j’ai l’impression que c’est comme ça pour beaucoup d’expatriés ahah 🙂

    1. Oui je suis d’accord, les émotions sont démultipliées. Il y a des grands hauts suivis de grands bas. Peu de gens en parlent donc parfois on se sent seul à ressentir ça !

  2. Ha, je l’ai souvent ce coup de blues et je l’appréhende pour le mois prochain car je sais qu’il viendra. C’est vrai que c’est marrant: on prépare durant des mois son expatriation et une fois sur place on veut retourner en France, la blague!
    Si tu as besoin de parler de ça avec une expatriée, je suis là 😉

    1. Merci, c’est rassurant de voir que ça n’arrive pas qu’à moi. Ça n’a duré que 2-3 jours et depuis ça va très bien moralement !

  3. Je te rassure, j’ai la plupart du temps la même sensation lorsque je pars à l’étranger ! En général ça dure les 2 premiers jours, puis ça passe. Je pense que c’est principalement dû à la fatigue de l’avion, la peur de l’inconnu, l’éloignement de ses proche, etc. Personnellement j’ai toujours ce petit temps d’adaptation, en général j’ai assez peu d’appétit les 2-3 premiers jours, puis ça finit par revenir comme d’habitude 🙂
    Bon courage et bisous xx

    1. J’avais envie d’en parler car les gens oublient que partir à l’étranger ce n’est pas facile. Merci, ça fait plaisir de voir que je ne suis pas anormale. J’ai eu ce coup de blues auquel j’espérais échapper mais depuis ça va très bien !

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