Bilan – Non, je ne compte pas rester vivre au Canada.

6 mois que je suis au Canada, déjà ! Qu’est-ce que cela passe vite. Je me souviens encore de l’attente à l’aéroport de Paris, paniquée de prendre l’avion et avec l’envie de tout annuler. J’avais des projets, des envies mais aussi des craintes. Après six mois j’avais envie de faire un bilan général sur mon expérience à Toronto.
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Mes interrogations d’avant PVT

Avant de partir au Canada c’était l’inconnu total. Je me posais différentes questions :

Vais-je rester dans la même ville ?

Je ne compte pas m’installer dans une autre ville canadienne. J’aimerais le faire pourtant. L’Alberta me tente bien (Edmonton, Calgary) sauf qu’entre le coût du déménagement et le temps de retrouver un emploi je perdrais tous les sous que j’ai pu économiser depuis mon arrivée au Canada. Ce serait repartir à zéro. Non, je préfère utiliser ces sous pour voyager.

L’adaptation sera-t-elle aussi longue que pour les USA (2 mois) ?

Cette expatriation est différente. A Chicago, j’ai eu des changements de moral réguliers pendant deux mois puis je me suis sentie vraiment bien. Ici, le début a été plus facile mais je n’ai pas connu la période du « j’adore ma vie au Canada ».

Vais-je trouver du travail facilement ?

Il m’a fallu deux semaines pour accepter d’aller devoir faire du face à face et de ne pas attendre de trouver un boulot plus intéressant. Un boulot alimentaire n’est pas trop difficile à trouver mais il faut être très flexible.

Me sentirais-je vraiment au Canada ou aurais-je l’impression d’être aux US ?

Toronto ressemble à une ville américaine mais les enseignes (supermarchés, banques, poste …) sont complètement différentes et les gens ne se comportent pas de la même façon. A Chicago, j’ai souvenir que les habitants étaient plus agréables mais plus superficiels aussi. Non, je ne me sens pas aux Etats-Unis mais ça reste assez proche.
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Ressenti sur Toronto et le Canada

__TORONTO

On va commencer par le positif. J’aime énormément le centre ville (downtown) et tous ses buildings. Ca me fait toujours quelque-chose quand j’y vais. J’adore le lac, c’est calme et il y a des balades sympas à faire. J’ai aussi plaisir à me promener et voir les petites boutiques un peu partout dans la ville.
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Par contre, la ville est vraiment trop grande. Pour vous donner une idée Toronto est six fois plus grand que Paris et pratiquement deux fois plus grand que Montréal. Dès que je veux aller quelque-part c’est minimum 45 minutes de transport.
Le prix des bus ou des trains pour visiter les villes d’à côté ne sont pas raisonnables. Du coup, je suis un peu coincée : je n’ai pas de jours de repos fixes pour voyager et cela revient trop cher d’y aller pour une journée.
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__CANADA

Pour moi, le Canada est un mixte entre la culture européenne et américaine. D’un côté, ils ont une sécurité sociale, une connaissance et un intérêt pour les autres pays que n’ont pas les américains. Il n’y a ni port d’arme, ni peine de mort. Mais, d’un autre côté, on retrouve la même société de consommation, des conditions de travail précaires et un patriotisme similaire aux américains. Ils utilisent les degrés Celsius tout comme les km/h mais parlent en « inches » et « pounds ».
Qu’est-ce que tu peux faire de ta vie avec 2 semaines de vacances par an ? Je suis venue ici pour visiter des villes et des parcs nationaux mais je n’y arrive pas. J’ai l’impression que les canadiens vivent pour travailler.  
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J’ai aussi du mal avec le fait que je n’arrive pas à ressentir une identité ou culture propre au Canada. J’ai bien conscience que le pays est immense et que vivre à Québec (ville) ou à Vancouver doit être totalement différent de ma vie à Toronto. A Toronto, le mélange de culture est tel qu’au final je n’ai pas l’impression qu’il y ait vraiment une culture canadienne.
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Je ne souhaite pas m’installer au Canada
Beaucoup de personnes viennent au Canada avec comme idée d’y rester. C’est une question que toutes les personnes que je rencontre ici me posent. 
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Je ne pourrais pas vivre ici à cause du temps et de la nourriture. Ces raisons peuvent sembler légères mais je vous assure qu’au quotidien cela est dur, d’autant plus quand vous partez seule à l’étranger. En Colombie-britannique l’hiver est doux mais si c’est pour avoir de la pluie à la place, non merci.
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Lorsque j’étais au pair à Chicago ou en erasmus en Pologne, j’ai réussi à voyager presque tous les mois. Je m’imaginais pouvoir faire la même chose au Canada. Sauf qu’entre l’absence d’un emploi du temps stable au travail, le coût de la vie à Toronto ou encore l’hiver – je n’arrive malheureusement pas à le faire. On verra ce que me réserve les prochains mois au Canada. To be continued …

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12 Replies to “Bilan – Non, je ne compte pas rester vivre au Canada.”

  1. J’ai beaucoup aimé cet article. Ca fait 1 mois et demi que je suis arrivée à Montréal et je ne sais pas encore si je vais rester ou pas.
    On m’avait décrit et raconté tellement de choses sur le Canada et Montréal, que je suis un peu déçue. Je commence à prendre tout de même mes marques dans cette nouvelle ville.
    Je te rejoins sur plusieurs points, certes le rythme de travail est différent et les gens font beaucoup plus d’activités, mais j’ai l’impression que les Québécois ne font que travailler et ne profitent pas vraiment de leur pays, avec seulement deux semaines de vacances. Ma coloc est française et pendant ses vacances elles se sent obligées de revenir en France pour voir sa famille alors qu’il y a tellement à découvrir au Canada et aux USA.
    J’éprouve également des difficultés à trouver un travail qui m’intéresse, et là celui que j’ai ne me laisse pas vraiment le temps de profiter.
    Je trouve également que la vie est assez chère, certainement moins à Montréal, mais ça va vite quand même. Et c’est vrai qu’au niveau de l’alimentation, il faut s’adapter.
    Je vais passer l’été et je verrais comment ma situation à évoluer. En tout cas c’est rassurant de pouvoir lire le ressenti d’autres expatriés. Bonne continuation !

    1. C’est aussi qu’à la différence de l’Australie ou la Nouvelle-Zélande où les pvtistes viennent pour visiter et repartent, au Canada les gens veulent y rester.
      Surtout que Toronto est bien différent du Québec et tout ce qu’on entend sur Montréal n’est pas représentatif de Toronto.
      Ce qui compte c’est de vivre notre aventure et qu’importe que les gens ne comprennent pas qu’on ne veuille pas rester y vivre 🙂

  2. Oh merci pour cet article, c’est toujours plaisant de te suivre au fil des mois… Vraiment dommage que tu ne puisses pas plus en profiter en tout cas en terme de voyage… La vie semble effectivement moins cher à Montréal, en tout cas, on arrive a pas mal bouger ! Du coup, à lire tes commentaires, tu migrerais peut-être vers les US ? 🙂

    1. La vie est bien moins chère à Montréal, tous mes collègues me le confirment. Avec mon nouveau travail j’ai maintenant un salaire correct et vais pouvoir commencer à en profiter.
      Oh non, si je suis au Canada c’est que je n’ai pas réussi à retourner aux USA. Peut-être un jour 🙂

  3. Salut ! j’ai beaucoup aimé ton honnêteté dans ton article 🙂
    Je suis complètement d’accord avec toi pour les 2 semaines de vacances ! Je suis venue à Montréal pour découvrir une autre culture, voyager, mais c’est difficile ! C’est pour ça que je ne rentre en France qu’un an sur 2, et du coup, la France me manque beaucoup ! Je pense que je vivrais mieux la distance si je pouvais voyager ET rentrer à Marseille, voir ma famille, manger de la vraie bouffe (ahaha), voir la mer… C’est d’ailleurs pour ça que je lance la RP. Pour pouvoir être plus libre et moins dépendante de mon travail 🙂
    Belle journée !

    1. Merci pour ton commentaire. J’aime bien ton « manger de la vraie bouffe » ^^ Tu comptes apparemment rester au Canada donc c’est que tu aimes assez le pays pour supporter les points négatifs. Moi non, ce n’est pas le pays où je souhaite vivre.

  4. J’aime vraiment beaucoup ton article car il montre bien la réalité des choses. J’ai aussi passé une année aux Etats-Unis avant de partir vivre au Canada. D’ailleurs avec mon copain c’est à Toronto que nous avions décidé de poser nos valises initialement. Après un peu plus d’un mois, nous avons décidé de quitter la ville pour Montréal. On avoue ne pas avoir vraiment accroché avec Toronto et je te rejoins sur le point de l’identité là-bas qu’on ne saurait vraiment identifié. Mais surtout pour le coût de la vie… Durant notre année en Floride, pas un seul mois ne passait sans qu’on ne profite au moins d’un week-end pour découvrir un autre endroit et voyager. Si on était resté à Toronto, financièrement ça aurait été dur de profiter autant. On arrive à bouger assez depuis notre arrivée mais comme tu dis ce n’est pas avec 2 semaines de congés par an qu’on peut assouvir toutes nos envies de voyages… C’est donc surement la raison pour laquelle on ne restera pas au Canada après la fin de notre visa. Le temps n’a pas été si problématique que ça finalement (même si nous sommes en mars et qu’il fait encore -15) et encore je suppose qu’après 2 ou 3 ans déjà on commence à voir les hivers d’un autre œil.
    Cette expérience nous permet de réaliser que la vie en France a quand même ses avantages : plus de congés, un bon système de sécurité sociale… Tout n’est pas parfait mais c’est important de le reconnaître. Bon là je dis ça mais aussitôt mon PVT terminé, je sais que j’aurais envie d’aller voir une fois de plus si l’herbe n’est vraiment pas plus verte ailleurs 😀

    1. Merci pour ton commentaire ! On entend tellement parler des gens qui tombent amoureux du Canada et y restent. Je n’ai personnellement pas d’attachement à ce pays contrairement aux USA.
      C’est vrai que vivre à Toronto coûte cher. Moi, 4 mois et demi d’hiver je n’en peux plus.
      Ca devait être génial de vivre en Floride 🙂

  5. C’est vraiment intéressant de connaître ton ressenti. C’est vrai qu’en tant que PVTiste on a certaines attentes sur le pays, et c’est seulement sur place qu’on réalise certaines choses. Moi non plus je ne compte pas m’installer en Corée, mais ce n’était déjà pas dans mes plans initiaux haha ! Pour ce qui est des voyages, as-tu prévu de travailler jusqu’à la fin de ton PVT, ou est-ce que par exemple tu vas arrêter 1-2 mois avant la fin pour te libérer du temps ? Pour a part c’est ce que je compte faire, car même si j’ai la chance d’avoir 2 jours off par semaine, ce n’est pas forcément suffisant pour profiter des voyages.
    J’espère que tes 6 prochains mois seront plus riches en découverte, et l’hiver est bientôt terminé alors c’est une bonne chose 🙂

    1. Ouiiii, bientôt le printemps ! Enfin, pour l’instant c’est neige et -10°C.
      C’est surtout que pour le Canada on n’entend que du positif mais ça reste un pays comme un autre et il y a de bonnes choses comme d’autres moins bonnes.
      Je vais sûrement me garder deux ou trois semaines avant de rentrer en France pour prendre (enfin) des vacances et voyager. Faut que je trouve quelqu’un pour m’accompagner, c’est le plus dur.

  6. Salut ! On a toujours des attentes quand on arrive dans un nouveau pays et c’est normal d’être déçu quand ces attentes, ces désirs ne correspondent pas à la réalité. C’est un sentiment que j’ai un peu ressenti au début de mon aventure à Montréal…
    En parlant de Montréal d’ailleurs, je pense toujours que tu devrais tenter de t’installer ici. La vie y est moins chère qu’à Toronto d’après ce que j’ai compris, surtout en terme de loyer (tu pourrais trouver quelque chose de correct pour environ 400-450 dollars par mois en colocation) et tu as beaucoup de villes à proximité et de parcs qui peuvent être vraiment intéressants à visiter (Québec, le parc d’Oka, le Mont-Tremblant, Ottawa…) et pas trop cher.
    Je sais que le fait que l’on parle français te rebutait mais peut-être que ça te permettrait de découvrir un nouvel environnement, une autre facette du Canada et peut-être d’obtenir un job plus stable qui te permettrait de voyager un peu plus. J’ai souvent entendu dire que Montréal est plus agréable à vivre de manière quotidienne par rapport à d’autres villes (notamment Toronto). Je ne sais pas si c’est véridique mais en tout cas, Montréal est une ville très chouette. Si le fait de parler français est un frein important pour toi, tu peux toujours essayer de trouver une colocation avec des anglophones, ce ne sera pas difficile je pense.

    Même si tu ne comptes pas rester après ton PVT, ce serait vraiment intéressant pour toi de découvrir un autre environnement, une autre façon de vivre et puisque tu ne peux pas forcément voyager de l’autre côté du pays, tu pourrais tenter le Québec (et les voyages aux Etats-Unis – notamment dans le Vermont, Boston, NY… seraient facilités).

    Dans tous les cas, j’espère que ta vie à Toronto et le reste de ton PVT se déroulera bien. Bonne journée ! (et désolée pour le pavé haha)

    1. Pour en avoir parlé avec des collègues, ceux de Montréal ne se voient pas vivre à Toronto et inversement. A Montréal, il y aura toujours l’hiver (encore plus froid qu’à Toronto) et je n’ai aucune envie de parler français au quotidien – aucune.
      J’ai déjà fait pas mal de grandes villes aux USA mais pas encore Boston donc c’est en effet sur ma liste. Mais mon (non-)emploi du temps au boulot est un vrai frein pour voyager.
      J’aime vivre à Toronto mais sur du court terme. Je préfère largement Chicago et je reste très attachée aux USA.

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